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H 0 Biogéographie et écologie comparées du Genévrier thurifère (Juniperus thurifera L.) dans les Alpes françaises du sud

Commentaire public : Longtemps méconnu dans notre pays, le Genévrier thurifère (Juniperus thurifera L.) a récemment fait l'objet d'inventaires de terrain ayant enrichi nos connaissances. A partir de plusieurs milliers de relevés documentés dans la base de données du CBNA, une analyse biogéographique et écologique de ce Genévrier et de trois essences pro parte syntopiques (Genévrier de Phénicie, Chêne vert, Chêne pubescent) a été conduite dans tout le massif alpestre concerné. Les 590 citations disponibles pour le Thurifère ont amené à la définition de 49 "secteurs" dont la somme des surfaces couvre 8 600 ha. Une autre représentation semi-quantitative est fournie par division de l'aire globale en 479 carrés élémentaires de 10 x 10 km. Pour les mêmes essences, la prise en compte des deux paramètres physiques "cote" et "versant" a permis d'estimer deux constituants majeurs des niches phyto-écologiques, température et lumière. Le Genévrier thurifère est la plus alticole et la plus cryophile des essences considérées ; plus continental, il s'oppose en cela au Chêne vert, plus méditerranéen. Plus "centrés", le Genévrier de Phénicie et le Chêne pubescent sont à cet égard assez proches l'un de l'autre. Les relations du Thurifère avec les autres essences s'inscrivent également dans le concept d'étages (bioclimatiques) de végétation, Ozenda sensu. Pour l'essentiel, le Chêne vert et le Genévrier de Phénicie s'inscrivent dans l'étage supra-méditerranéen, avec des moyennes thermiques annuelles corrigées allant de 10 à 12°C. Plus amples, le Chêne pubescent, plus encore le Buis sempervirent et le Genévrier thurifère, débordent sur l'étage monti-méditerranéen ; les moyennes thermiques annuelles sont plus faibles, couvrant de 8 à 10°C. Contrairement au Maroc, où le Genévrier thurifère, soumis à une pression anthropique soutenue, est en forte régression, l'espèce est en voie de reconquête dans une France méditerranéenne montagneuse où la déprise rurale est forte et générale ; les enjeux sont donc ici plutôt d'ordre patrimonial. La vigoureuse régénération naturelle de cette essence en fait un candidat de premier rang pour répondre aux défis du réchauffement climatique.

Site : Conservatoire botanique national alpin

Langue : Français

Collation : 78(5-6):119-135

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